Apprendre à notre entourage que l’on est devenu un couplec’est s’engager formellement et partager des « règles communes »Mais les comportements amoureux de chaque duo peuvent pourtant ne pas être structurés par la morale ambiante et s’adonner à quelques nouvelles saveurs sans pour autant trahir son/sa partenaire. 

Mais attention, pour moi, pas l’ombre d’un quelconque engagement en vue ! Je veux simplement élever la voix ou plutôt appuyer ma plume pour mettre en exergue la définition (trop) fréquente de la fidélité qui enferme les couples dans un carcan. Elle se dessine comme un terme péjoratif. Il est vrai qu’on a tendance à instaurer tout naturellement un clivage entre la liberté du célibataire et l’emprisonnement du couple qui se doit d’être fidèle. Combien parlent du fait de « se passer la corde au cou » lorsqu’il s’engage maritalement ?…

Je veux simplement mettre un point d’honneur au fait que cette représentation est souvent fausse et que l’infidélité peut devenir, pour certains, un jeu, renforçant les liens qui nouent deux individus tout en affrontant les « interdits » et en détournant les cadres que s’imposent souvent les couples eux-mêmes, en débutant leur relation.

L’amour entre deux personnes peut se transformer, avec le temps, différemment qu’en une organisation patrimoniale et familiale. Certes la pression sociale peut nous pousser avec son éternel : « il est temps que tu te maries et que tu aies des enfants… ! » mais ce martèlement psychologique de nos proches nous ferait-il oublier l’essentiel dans un couple ? S’éclater… pour s’oublier… pour s’évader… pour se retrouver… pour se rapprocher… Le libertinage est-il, pour autant, une solution pour remédier à la monotonie ?

Une fois l’ordre social établi aux yeux des autres et si la culpabilité est trop grande pour oser affirmer un panel plus large d’expériences, rien n’empêche de vivre secrètement quelques aventures consenties et ainsi pimenter une routine qui s’installe. Pas la peine d’en venir au besoin de performance et à la vantardise, l’enjeu étant notre propre bonheur et non le regard des autres empli d’à priori…

L’espèce humaine n’est pas une espèce fidèle, c’est un choix. La fidélité est respectable, car choisir, c’est renoncer… Mais avis à ceux qui aimeraient s’adonner à de nouveaux plaisirs… partager à deux n’est pas tromper, cela devient un bonus, un plus, en échange, un vécu supplémentaire. L’infidélité n’est pas trahison, le tout étant d’avoir défini au préalable les limites qu’on lui donne. Mais n’oublions pas que rien ne peut remplacer l’apprentissage de deux corps amoureux et désireux l’un de l’autre.

Les rituels, ces échanges habituels et indispensables qui fondent notre vie sexuelle accentuent de jour en jour la connaissance de notre intimité et nos rapports coutumiers. Seuls les couples dotés d’un potentiel érotique élevé, peuvent se permettre d’explorer les marges, de mettre les mains en dehors des lignes, de se nourrir mutuellement d’une curiosité qui n’est en réalité, -pour dédramatiser le sujet-, qu’une insatisfaction, qu’une découverte superficielle qui ne devrait pas faire vaciller la solidité d’un couple.

Finalement, « détabouiser » l’infidélité, c’est s’attacher à cet aspect de la vie comme à une passion. Prenons la musique. Pourquoi se priver de la diversité des rythmes qui peuvent nous faire vibrer ? Sachant que s’explorer soi-même et explorer l’autre est le fruit d’un Amour et non d’un passage régulier de partenaires que l’on ne fait qu’effleurer sans s’imbiber de leur couleur et de leur singularité… D’un autre côté, nos rituels se sclérosent très vite et innover peut permettre d’ajouter un nouveau ton, éphémère, mais présent dans l’esprit, repoussant toute idée de lassitude.

L’infidélité est tout de même un anti-érotisme, qui a besoin pour mûrir, de se nourrir d’un long cheminement affectif qui favorisera le « lâcher prise », la technique et les pratiques mais le changement peut aussi avoir des effets bénéfiques en faisant évoluer le degré d’imagination, de créativité donc de désir du couple.

A vous de vous engager vers la voie qui vous correspond…

2 Commentaires

  • Gérald Publié depuis 3 juillet 2007 11 h 31 min

    Il semble que l’on vive aujourd’hui dans une société qui est largement « détabouisée » comme vous dites, à moins que vous viviez avec 30 ans de retard!

    A propos de la fidélité, n’y-t-il pas une richesse que l’on ne peut atteindre que par l’exclusive du rapport à l’autre. Il me semble qu’homme et femme sont ainsi fait que l’on ne peut atteindre une certaine profondeur de relation sans la confiance instauré par la fidélité. Passé la séduction et la découverte du corps de l’autre l’aventure continue à l’infini de l’exploration de sa psychologie, sa personne…

  • Michka Publié depuis 8 juillet 2007 11 h 33 min

    C’est un domaine où il n’est pas souhaitable d’argumenter de façon contradictoire car en fait chacun essaye de justifier a posteriori un comportement qui correspond à ses besoins du moment ou de sa nature profonde. On ne peut apporter aucune preuve rationnnelle qu’une option est meilleure qu’une autre mais tout juste dire: en ce moment c’est cela qui me convient et qui me permet de m’épanouir! 10 ans plus tôt ou plus tard la position pourrait être diamétralement opposée…

    Ceci dit et pour tout de même répondre, là ou j’en suis actuellement, je constate que l’approfondisse ment d’une relation et la non exclusivité ne sont pas forcément contradictoires , c’est juste une question de temps disponible et de travail de conscience.
    Dans un tel contexte l’exploration psychologique de l’autre n’en est que plus révélatrice car elle nous oblige à affronter les peurs enfouies dans notre inconscient pour mieux ensuite les muter et nous dépasser.
    La confiance en l’autre doit alors s’appuyer non plus sur la fidélité sexuelle et affective (qui est essentiellement destinée à satisfaire notre besoin viscéral de sécurité) mais sur quelque chose de plus fondamental et de nature spirituelle.

    C’est un chemin d’évolution particulièremen t périlleux mais néanmoins source de joies sublimes.
    Pouvoir passer de cette dualité exclusive du « ou » à la communion inclusive du « et » me semble un saut quantique fondamental pour rentrer dans une dimension plus universelle de l’amour.
    Le défi peut-être de notre prochaine civilisation?

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