Masturbation et culpabilité

On a cherché, pendant des siècles, à supprimer cette gestuelle affublée des pires causes de maladies ou de troubles psychiatriques… elle est longtemps restée et est encore parfois considérée, aujourd’hui, comme anormale… La culpabilité peut alors encore exister si l’éducation sexuelle (celle des référents et votre propre investissement) a par exemple, été trop négative ou insuffisante.

Donner du sens à la sexualité est aujourd’hui entré dans les mœurs, on accepte, par la recherche du plaisir et par le droit consenti à la jouissance, de prolonger les préliminaires mais cela plus particulièrement dans le cadre du couple. Etre ensemble, dans un partage, dans l’échange est le nouvel idéal de bonheur pour lequel la jouissance partagée est officialisée et même conseillée afin de maintenir le duo. La jouissance est autorisée sous crédit de l’amour mais seul, l’excitation génitale, encore taboue et secrète est plus ambigue…

Depuis quelques décennies, cette excitation solitaire et sa réponse orgasmique est vécue, pour généraliser, selon deux pans de pensées opposées, l’une étant dictée comme contraire à la morale, l’autre comme étant la véritable éducation qui ne se traduit pas uniquement par un apprentissage verbal et pédagogique mais bien par une recherche sensitive et corporelle.

Ce plaisir solitaire peut-être, encore aujourd’hui, vécu comme un « gaspillage », une tromperie, un geste allant masturbation masculineà l’encontre de la procréation ou de cette nouvelle vision du bien-être à deux, oubliant l’importance et les avantages d’une pratique sexuelle en solitaire. Même s’il n’est pas simple d’aller au devant de siècles de censure et de valoriser une connaissance de son corps pour jouir, je prends le parti pris de légitimer la masturbation. Il est important de rappeler qu’elle est la base de l’activation des sensations érotiques, de l’éveil des sens, qu’elle permet d’acquérir une certaine « maturité sexuelle ». C’est un apprentissage qui permet d’expérimenter vos zones érogènes et leurs réactions sexuelles après stimuli.

Cet auto-érotisme aboutit obligatoirement à un « effet miroir », en terme de manifestations érotiques lors des relations sexuelles. Si la masturbation est dédramatisée, accueillie et vécue comme un apprentissage sensuel (pas uniquement comme un soulagement furtif), c’est une maîtrise de son corps et de sa jouissance qui esthétisera et enjolivera vos rapports charnels. Sans jugez du délassement que peut apporter une masturbation brève, prendre le temps de se caresser, c’est se nourrir de sensations qui pourront par leurs découvertes et les sensations délicates et excitantes qu’elles apportent, nourrir également votre partenaire car aucune perception ne vient à vous de manière automatique, il faut les « activer ». Certaines techniques de respiration, de mouvements… peuvent être acquis grâce aux conseils d’un sexothérapeute.

La masturbation est aussi une manière d’aimer son corps, tel qu’il est, décomplexé face à la douceur, à l’épanouissement au plaisir qu’il peut vous procurer, seul. S’aimer soi, aimer son corps, c’est aussi savoir le dévoiler à l’autre, en faire un atout de séduction ultime, loin des apparats c’est votre bien-être et votre mouvance qui attirera les regards. Débridé, plus animal, le corps charme en se révélant à vous, à l’autre, aux autres… Il est donc important de valoriser une qualité de masturbation plutôt qu’une quantité.

3 Commentaires

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    Robin des Bois Publié depuis 9 avril 2008 22 h 32 min

    Salut Milene,

    il est en effet fort regrettable que la « morale » condamne des pratiques qui sont maintenant parfaitement identifiées comme normales et souhaitables par les psychologues. L’interdiction de la masturbation en bas âge est d’ailleurs une source de névrose dangereuse… Quant à l’âge adulte, l’auto-érotisme participe certainement de l’attention à soi, nécessaire pour une réelle attention aux autres.

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    Renrod Publié depuis 18 janvier 2009 22 h 33 min

    La masturbation est peut-être le seul moyen, quand on ne trouve pas de partenaire sexuel, de vivre une sexualité, même tronquée.
    J’ai aussi lu qu’elle était quasi automatique à certaines périodes, le sperme produit devant sortir de temps à autre. Est-ce vrai ?
    Et, même dans l’hypothèse où on se serait engagé à l’abstinence sexuelle, des occasions d’avoir des pensées érotiques peuvent se présenter. La masturbation permet alors, même si elle est considérée comme un mal par certaines institutions, de libérer la soupape sans aller jusqu’à une relation charnelle que l’on s’interdit.

    Meilleures salutations

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    Milene Leroy Publié depuis 10 février 2009 22 h 37 min

    Bonjour Renrod,

    Ce n’est pas la masturbation qui devient automatique après un temps d’abstinence mais l’éjaculation, souvent liée à ce que l’on nomme « les pollutions nocturnes ». Voici un lien qui pourrait vous intéresser (voir aussi les commentaires) : http://www.sexologie-couple.com/pages/page.php

    Au plaisir de vous lire,

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