L’exhibition

 

 L’exhibition est plutôt un fantasme féminin ou masculin ?

Pour ce qui des fantasmes, cela est difficilement mesurable mais dans la réalité, ce sont plutôt les hommes jeunes qui s’exhibent, pour les cas rares de femmes connus en pénal, il s’agit plutôt d’une exhibition des seins. D’autant que l’exhibition féminine va susciter l’attirance et la fascination plutôt que le rejet.

Est-ce un comportement pathologique ?

L’exhibitionnisme devient une perversion à partir du moment où cela devient une exclusivité, c’est-à-dire à partir du moment où la personne ne se satisfait plus que du plaisir qu’il a d’exposer la vision de son sexe ou de son corps sexué dans les circonstances qu’il décide et évidemment à l’encontre d’autrui.

Il est pathologique par les rituels qu’il constitue :

A travexhibitionnisteers le geste qui va être le fait de montrer. Les variantes pouvant passer du sexe flaccide à celui en érection avec masturbation et éjaculation.

A travers le fait qu’il va éveiller le regard de l’autre, son excitation sera d’autant moins forte qu’on l’ignore… car il ne cherche pas à agresser, juste à voir le regard de l’autre qui lui renvoie le côté pulsionnel de l’acte, fond du problème chez lui.

A travers un cadre précis qu’il définit à l’avance : le lieu (fréquenté ou isolé…), le moment (matin, soir…) qui détermine ce qu’il veut qu’on voit, le moyen utilisé (souvent un vêtement facilitant la vue, une serviette…) qui lui permet de garder cet effet de surprise et de rester maître du moment, ce qu’il veut et à qui il veut le montrer.

A travers sa victime, souvent une femme (75%), un enfant et enfin un homme.

A travers le témoin qui est essentiel pour l’exhibitionniste pénal, c’est en fait à lui que s’adresse le pervers, comme pour le défier ou pourquoi pas d’essayer d’y mettre un terme.

Quelles sont les différentes formes d’exhibitionnisme ?

Il y a deux grandes catégories d’exhibitionnisme :

L’anonyme : le plus fréquent, la personne n’est pas reconnue et fait cela de manière furtive pour satisfaire son désir.

Le pénal qui retire une satisfaction supplémentaire à se faire arrêter et à en subir les peines.

Plus spécifiquement, on parle :

d’exhibition indirecte (on envoie des photos de nu où le sexe est visible par courrier ou par annonce)

l’exhibition par procuration (productions de photos intimes de soi ou de son partenaire sur internet, circulation sur les portables…)

l’exhibition des ébats amoureux (voitures, parkings, plages…)

l’exhibition face à ses propres enfants (sous forme de libéralisme)

Internet a-t-il provoqué une explosion des comportements exhibitionnistes ?

Plus que de parler d’une explosion des comportements, disons que les nouveaux moyens de communication facilitent les défis à la pudeur, ce comportement devient plus visible. Mais les statistiques n’ont pas augmenté…

Internet ayant favorisé les rencontres sexuelles ou amoureuses, on a, avec les moyens de communications d’aujourd’hui plus d’accès au visuel… Les webcams permettent évidemment d’entreprendre très vite et très tôt une certaine exhibition corporelle et/ou sexuelle. Dans des conditions ou le sexe est énoncé comme premier centre d’intérêt, se dévoiler semble en adéquation avec le but recherché… Si l’envie de se dénuder par envie existe, ce n’est pas quelque chose de surprenant ou de subi… Là, on peut parler d’exhibition mais non pathologique.

Elle devient pathologique à partir du moment où l’on va surprendre l’autre montrant un sexe via une webcam sans que celui-ci ne l’ait averti.

Il existe encore un autre degré dans cette exhibition sexuée qui est celui de garder l’anonymat…

Qu’est-ce qui se cache derrière ce désir de montrer de nous-mêmes ce que personne ne devrait voir ?

Pour l’exhibitionniste pervers qui n’a érotisé que cette pulsion, qui ne retire donc de plaisir que lors de cette pratique comme pour celui qui aime se dévoiler de manière indécente et à l’insu de l’autre de manière moins obsessionnelle, il s’agit de surprendre, d’éveiller la stupeur chez l’autre, de se situer entre la réalité et l’imaginaire, d’exercer chez l’autre l’effet pulsionnel qu’il a en lui. C’est une perversion de but, il y a une recherche spécifique attendue qui est la source de son excitation sexuelle génitale.

Sources : BONNET GérardLes perversions sexuelles

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