Contraception et sexualité

L’ensemble des données scientifiques souligne l’importance du système hormonal dans la physiologie de la réponse sexuelle. Malheureusement, les données relatives à l’influence des contraceptions hormonales sur la sexualité sont, à ce jour, peu nombreuses et leurs mécanismes d’action sur la sexualité restent encore obscurs.
Par ailleurs, les études relatives à l’influence hormonale des moyens de contraception sur la sexualité peuvent être soumises à certaines critiques :

– Les résultats retrouvés, selon le type de contraception étudié et la méthodologie utilisée, sont très contradictoires.

– La plupart des études portent sur l’influence de la contraception par pilule n’intéressent que très peu les nouveaux moyens de contraception (Implant sous-cutané, Patch transdermique, Anneau vaginal).

Les données existantes à ce jour sur l’influence hormonale des moyens de contraception sur la sexualité sont doncontraception varieesc peu contributives dans le cadre des pratiques contraceptives actuelles. Néanmoins, si ces études laissent supposer une influence réelle d’un point de vue hormonale, celle-ci est négligeable en comparaison de l’influence des déterminants psychologiques.

Ainsi dans un couple, la contraception peut avoir des répercutions psychologiques néfastes ou bénéfiques :

10 à 15% des femmes (30% selon certaines études) ressentiraient une diminution de leur libido lors de l’utilisation d’une contraception.

Les causes sont multiples et le plus souvent intriquées et présentées, commes telles, par les patientes consultant en sexologie :

– Crainte des effets secondaires de la contraception : La peur de prendre du poids, d’ « attraper » un cancer, d’avoir de l’acné, de ne plus avoir de désir… autant de mythes qui continuent à effrayer les femmes et qui peuvent interférer sur leur libido.

– Spectre de la stérilité : L’autre grand mythe qui persiste sur la contraception est celui de l’irréversibilité de la stérilité induite par la contraception. Cette stérilité est parfois interprétée comme un « châtiment » qui viendrait punir les femmes du plaisir auquel elles peuvent accéder grâce à la contraception.

– Disparition du risque de grossesse : Chez certaines femmes, le désir sexuel et le désir de maternité sont étroitement liés. La possibilité d’une grossesse a chez elles un rôle « aphrodisiaque » et la disparition de celle-ci peut contribuer à un émoussement de désir.

– Conflits « éducationnels » : Les carcans éducatifs stricts peuvent émettre une culpabilité face au plaisir permis par la contraception.

– Modification des cycles : La modification des cycles peut venir perturber la sexualité. Une aménorrhée (absence de règles) persistante peut, par exemple, troubler une femme sur les fondements de sa féminité et perturber ainsi son rapport à la sexualité.

– Structure même du désir : Le désir sexuel peut se trouver émoussé par la prise d’une contraception qui demande une décision lucide et programmée et qui ne laisse plus place au risque, au hasard, à l’incertitude et à la transgression, caractéristiques essentielles du désir.

– Troubles sexuels : La peur d’une grossesse non désirée apparaît chez certaines femmes comme un alibi idéal pour refuser tout approche sexuelle et même sensuelle.

Le comportement du partenaire peut également être perturbé par l’utilisation d’une contraception :

– La crainte de voir sa femme utiliser une nouvelle liberté avec d’autres que lui. La contraception peut réveiller le sentiment de jalousie qui sommeille en chaque homme.

– La perte de la maîtrise de ses pouvoirs de procréation.

– Le désir de paternité. Le couple peut se trouver en conflit car il peut exprimer ouvertement son désir de paternité et refuser l’utilisation d’une contraception.

– « Assumer sa virilité ». L’homme peut éprouver des difficultés (« pannes sexuelles ») à satisfaire une femme qui se voit libérée de la crainte d’une grossesse et qui espère accéder à un épanouissement sexuel. Cette exigence place parfois l’homme dans une angoisse de performance.

– L’homme associe parfois difficilement la femme-mère et la femme-maîtresse.

– Le refus de la contraception. L’homme peut refuser l’utilisation d’un moyen contraceptif car celui-ci ne lui convient pas (préservatif, retrait) ou parce qu’il a des craintes sur ses effets.

La contraception peut donc avoir des effets néfastes sur la sexualité du couple quand il s’agit pour d’autres d’une augmentation de la libido (dans 30% des cas en moyenne selon les études concernant la pilule).

Si les explications de l’influence néfaste de la contraception sur la sexualité sont variées, les raisons de l’influence positive peuvent s’expliquer plus facilement :

Le sentiment de sécurité résultant de l’utilisation d’une méthode contraceptive efficace réduit la peur de la survenue d’une grossesse non voulue et peut ainsi augmenter le désir et la satisfaction sexuelle. Les effets positifs de la contraception sur la sexualité seraient liés avant tout à la capacité de séparer sexualité et procréation.

L’influence positive n’est-elle pas liée à la capacité de se détacher des mythes, des idées fausses et des à-priori existants sur la contraception ?

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