Sexologie-couple

L’anorgasmie ou l’absence d’orgasme

 

Les femmes peuvent tout de même éprouver une excitation très intense. Une femme souffrant d’anorgasmie n’est pas forcément frigide alors qu’une femme souffrant de frigidité est également anorgasmique. L’anorgasmie n’a pratiquement pas de cause organique, elle est essentiellement d’origine psycho-sexuelle.

Aujourd’hui, face à un panel d’orgasmes mis en exergue dans la sphère publique, les femmes cherchent à ressentir l’Orgasme, celui qui leur apportera le plus de perceptions, oubliant souvent tout le plaisir des sens que leurs propres caresses ou qu’un rapport charnel peut apporter… La performance a pris le dessus, des femmes se sentant sexuellement incompétentes si elles n’y arrivent pas… se posant souvent la question : « Suis-je normale ? »

Au-delà du plaisir partagé lors de la relation sexuelle, l’orgasme peut être vu comme une richesse supplémentaire. Inutile de considérer son absence comme une pathologie ou un désastre. Plus cette idée sera présente, plus votre concentration en sera modifiée et moins vous le vivrez ! D’autant que si vous êtes satisfaite de vos relations affectives et sexuelles, est-il indispensable ? A méditer…

Pour avoir un orgasme, il faut déjà apprécier toutes les sensations préliminaires à celui-ci et être active ! Il n’y a pas de miracle, au-delà du fait que chaque femme a besoin d’un environnement particulier pour « atteindre » l’orgasme, -seule ou par la présence du partenaire pour lequel elle a du désir et avec qui elle partage un certain plaisir-, le ressenti orgasmique demande des connaissances et des apprentissages anatomiques et érotiques.

Un suivi sexothérapeutique accompagné d’exercices, facilitera l’accès à l’orgasme à travers une maîtrise intime de votre corps.

Plusieurs facteurs favorisent la capacité orgastique : un désir pour le/la partenaire ; un environnement favorable ; un univers fantasmatique ; une concentration sur les sensationsune acquisition de mouvements du bassin ; une communication, une attention et un potentiel érotique du partenaire (par exemple : une durée suffisante des rapports, aucun problème érectile, une absence d’attente orgasmique de sa partenaire sinon elle pourrait simuler afin de se déculpabiliser…) ; l’absence de douleurs, de mutilations et de problèmes médicaux.

Voici les différents types d’anorgasmies :

Cette dysfonction peut être primaire : la sensation orgasmique n’est pas connue que ce soit lors de rapports sexuels, par masturbation, cunnilingus ou caresses du/des partenaire(s).

Ou secondaire : la femme l’a vécu mais ne le ressent plus aujourd’hui.

Elle peut être totale (absence totale d’orgasme) : l’évolution psycho-sexuelle est entravée par une vision négative de la sexualité, les femmes parlent de gêne, de tabou voire de dégoût quant à l’approche du partenaire de leur sexe ou quant à la simple pensée de le découvrir elle-même. Cette absence d’orgasme peut être due à des violences sexuelles, des douleurs dès les premiers rapports mais ces faits ne doivent pas forcément être analysés comme facteurs principaux de cette dysfonction, toutes les femmes ayant subies des abus n’étant pas anorgasmiques… D’ailleurs il n’y a pas forcément de blocage psychologique, cela peut-être uniquement une méconnaissance, une non-découverte de son corps et plus particulièrement des organes génitaux.

L’absence d’orgasme peut aussi être partielle : L’orgasme est possible par la stimulation clitoridienne en présence ou sans la présence du partenaire ou l’orgasme est possible lors de la pénétration grâce à une stimulation clitoridienne. Environ 20-25% des femmes connaissent une anorgasmie coïtale, elles ressentent l’orgasme par masturbation, cunnilingus ou caresses du/des partenaires mais pas lors du rapport sexuel. Il est le plus fréquent, il peut résider là-aussi d’une méconnaissance corporelle féminine (phobie de la pénétration vaginale par exemple…) mais peut relever d’un problème de couple (le partenaire souffre d’éjaculation précoce par exemple…ne permettant pas à la femme d’avoir suffisamment de temps pour ressentir l’orgasme).

Il y a également les anorgasmies plus sélectivesqui varient selon les situations et les partenaires car comme le désir et le plaisir qui fluctuent (selon l’ambiance, l’état de fatigue…), l’absence d’orgasme peut être situationnelle, varier en fonction des partenaires par exemple ou permanente.

Finalement, on ne peut parler d’un véritable trouble que si la relation est agréable pour les deux partenaires, dans un climat de confiance, avec des stimulations suffisantes et adéquates. Parfois, il faut d’abord rétablir la communication au sein du couple (désorganisée par un problème familial, un décès, une naissance…) avant de débuter une sexothérapie plus particulièrement basée sur le corporel.

Contrairement aux hommes qui veulent savoir « techniquement » comment procéder pour améliorer leur vie sexuelle, les femmes, à travers cette dysfonction, ont plutôt besoin de comprendre, de dialoguer afin de réussir à s’abandonner car la peur de perdre le contrôle ou de devenir trop vulnérable par exemple… les empêchent de s’épanouir.

A travers une sexothérapie, l’objectif est, en premier lieu, que leur attention soit portée sur les stimulis et les ressentis sexuels et c’est en développant cette concentration, qu’elles augmenteront leur sensibilité génitale et plus particulièrement vaginale. Mais se concentrer sur ses sensations, n’est pas se concentrer sur un éventuel orgasme à venir, l’objectif serait manqué.

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